Séminaire collectif : Création, cognition, société

Séminaire organisé par Étienne Anheim, directeur d’études EHESS, Thérèse Collins, professeur Université Paris-Descartes, Michel Menu, directeur de recherche CNRS, Jean-Marie Schaeffer, directeur d’études EHESS, directeur de recherche  CNRS, Romain Thomas, maître de conférences Université Paris-Ouest Nanterre-La-Défense. 2e et 4e jeudis du mois de 17 h à 19 h, EHESS, salle 13, 105 bd Raspail, 75006), du 9 novembre 2017 au 24 mai 2018.

 

Le séminaire collectif de l’année 2017-2018 de  l’Iris PSL « Création, cognition, société » s’interroge sur les processus perceptifs et cognitifs mis en oeuvre lorsque nous voyons/regardons la peinture. Quelle est la part des processus perceptifs de base  et celle des traitements de haut niveau dans  cette vision/ce regard ?  Comment les traitements ascendants (bottom-up) et les traitements descendants (top-down)interagissent-ils ?  Est-ce que nos manières de regarder un tableau dépendent de variables cognitives de haut niveau (savoirs, compétences, intérêts) ? Un historien de l’art regarde-t-il un tableau de la même manière qu’un spécialiste des matières (pigments, supports, etc.) ?  Plus généralement : quelle est l’importance de nos connaissances  d’arrière-plan ?  Mais aussi, du côté de l’oeuvre:  quelle est l’importance  accordée  au monde représenté, et quel rôle joue la matérialité du tableau, son état et  son changement au fil du temps (pigments, vernis, craquelures…, restaurations) ? Comment forme, sens et matière interagissent-ils? Et encore : Est-ce que les manières de voir les tableaux changent au fil de l’histoire ? Chaque époque a- t-elle sa propre façon de voir les tableaux ( le « period eye »posé par Baxandall) ? Peut-on parler d’une « histoire de la vision » ?

 

Pour pouvoir répondre à ces questions il faut être capable d’en résoudre une autre : par quelles voies pouvons-nous savoir comment autrui regarde un tableau ? Quelles méthodes pouvons-nous employer ?  Nous avons aujourd’hui un dispositif qui nous permettent de suivre « à la trace » le regard que les spectateurs portent sur un tableau : le eye-tracking. Quels sont les apports et quelles sont les limites de cet instrument d’analyse ?  Par ailleurs cette méthode est impossible à mettre en oeuvre pour avoir accès aux regards d’autres époques, qui ne nous sont accessibles que de manière indirecte, par des sources écrites. Comment mettre en relation les résultats  obtenus par les techniques du eye-tracking avec ce que nous pouvons apprendre des façons de voir/regarder  d’autres époques grâce à  l’interprétation des sources écrites ?

 

Telles seront quelques-unes des questions abordées au fil de ce séminaire de recherche qui est  adossé à une étude de cas : le retable d’Issenheim de Matthias Grünewald, actuellement en cours de restauration au Musée Unterlinden (Colmar).